Estelle, 31 ans – Tokyoïte depuis 3 mois

Derrière le très beau blog Le polyèdre, Estelle, discrète et élégante. D’abord touchée par ses photos, puis apprenant qu’elle vit désormais à Tokyo, je la contacte pour en savoir plus son parcours. Nous nous retrouvons un soir, dans un petit café de Shimokitazawa, l’un de mes quartiers favoris.

・Quand es-tu arrivée à Tokyo ?

Mon copain et moi sommes arrivés le 2 novembre 2016 pour un PVT d’un an.

・Par quelle compagnie êtes-vous passés ?

Nous avons pris un aller simple avec Qatar Airways qui nous a coûté 400€ avec une petite escale et 30kg de bagages. Le prix était intéressant et l’aller simple nous laisse la liberté de rentrer quand on veut.

・Pourquoi avoir choisi le Japon ?

C’est un pays que l’on connaissait déjà, pour y être venus en vacances plusieurs fois. J’ai toujours été attirée par le côté fonctionnel harmonique, calme et poétique de la culture japonaise. La philosophie du « Wa » 和 (l’harmonie comme fondement de la culture japonaise) est quelque chose qui me parle. L’ombre et la lumière, le bordel organisé, la fluidité, c’est tout ça qui m’inspire au Japon. Et puis j’aime beaucoup les très grandes villes.

D’où viens-tu à l’origine ?

De Lyon. Mais je vivais à Paris, près du jardin du Luxembourg, depuis 2010. Après mes études d’architecture, c’était la ville la plus pratique pour trouver du travail. J’ai été recrutée assez rapidement par une grande agence d’architecture. J’aime beaucoup Paris, mais après six ans, j’avais envie de changer d’air.

・Comment s’est passé le départ ?

Nous avons pris la décision de partir fin 2015, puis nous nous sommes laissé le temps de bien préparer notre voyage. Pendant près d’un an, nous avons économisé, cherché le logement idéal, repéré les lieux que nous avions envie de visiter.

・Vous avez obtenu votre PVT facilement ?

Très facilement ! Il suffit d’une bonne lettre de motivation, d’un programme qui tient la route et d’un peu d’épargne. Nous sommes allés déposer notre dossier le 15 décembre 2015, nous avons attendu vingt minutes et c’était bon. Je suis retournée au bureau le sourire aux lèvres. Note : une fois le PVT obtenu, on a un an pour l’activer.

・Comment ça s’est passé avec ton boulot ?

Lorsque j’ai annoncé mon départ, j’étais prête à négocier une rupture conventionnelle ou à démissionner si je n’avais pas le choix. Mais, la DRH a été très compréhensive, elle m’a proposé de prendre une année sabbatique. Je peux donc retrouver mon poste à notre retour !

・Quel est votre programme pendant cette année ?

Nous avons prévu de visiter les incontournables : d’Okinawa (extrême sud) à l’Hokkaido (extrême nord). J’ai hâte de retourner à Osaka pour sa gastronomie et de visiter Fukuoka pour ses petits artisans. J’ai préparé une carte avec tous les lieux que j’ai repérés sur Instagram, Pinterest et dans les grands magazines comme National Geographic Traveler ou Conde Nast Traveler. Je fonctionne beaucoup à l’image.

・Des blogs/comptes Instagram à nous conseiller ?

J’aime beaucoup l’univers de Carnets de traverse ! Sinon Worldelse, ses photos et ses vidéos sont magnifiques. Récemment j’ai aussi découvert Un cercle. Ah et sur Snapchat,je suis aussi « Lilyrose » pour le fun et la qualité de ses photos

・Où habitez-vous à Tokyo ?

Nous habitons à Nakano (près de Shinjuku), dans un appartement qui se trouve dans une résidence de la société Oak house. C’est un système très intéressant : pas besoin de payer de frais d’agence (à Tokyo, la location d’un appartement privé engage de nombreux frais, spécialement pour les étrangers). Nous avons une petite cuisine et une salle de bain privée, mais nous pouvons aussi utiliser les espaces communs : une grande cuisine bien équipée, un bar, un café, une salle de travail et même une télévision avec un abonnement Netflix !

・Combien payez-vous ?

Nous payons 140000¥ (environ 1100€) par mois, toutes charges comprises, pour deux. Je trouve que c’est un bon rapport qualité-prix. Au début nous avions prévu de vivre trois mois à Tokyo, puis d’aller vivre à Kyoto, finalement on s’est dit que c’était compliqué de changer de logement. Même si on voyage, on gardera notre appartement.

Comment se passe la colocation ?

Dans la résidence, il y a une trentaine de chambres occupées par des Japonais, mais aussi des personnes de partout dans le monde. Des soirées sont régulièrement organisées dans l’espace commun, c’est très sympa. Ça permet aussi de faire de belles rencontres !

Est-ce que vous aviez déjà des amis à Tokyo ?

Mon copain, qui est venu une année seul, avait rencontré un japonais – un Soba Master – qui vit à Chiba, nous l’avons revu en arrivant. Sinon on a aussi une amie qui vit ici depuis plus d’un an qu’on voit régulièrement. Et puis entre notre sharehouse, les cours de japonais et mon blog, je rencontre aussi pas mal de gens.

・Tu parles japonais ?

Alors, j’avais pris quelques cours particuliers à Paris avec un japonais passionné par la France. Puis, en décembre, je me suis inscrite à l’école Coto (située à Iidabashi) : j’ai 4h de cours par semaine, 2h le mardi et 2h le jeudi. C’est vraiment l’apprentissage de la base pour pouvoir se débrouiller au quotidien, ça ne suffit pas pour avoir une vraie conversation ou pour lire les kanjis, mais bon ça permet aussi de rythmer la semaine.

・Est-ce que tu travailles ?

J’ai la chance d’avoir la liberté de ne pas travailler. Pour le moment, je me concentre sur mon blog, j’aimerais bien mettre en place des partenariats avec des marques ou des organisations touristiques.

Justement, parlons de ton blog, quand et pourquoi l’as-tu créé ?

En arrivant à Paris, je ne connaissais rien. J’ai donc arpenté la ville à la recherche de bonnes adresses, puis comme j’aime la photo, j’ai commencé à prendre des photos des lieux. Alors mi-2012, je me suis dit pourquoi ne pas lancer un blog. Au début je n’étais pas très régulière, mais je me suis toujours imposé au moins un article par semaine.

・Est-ce que ça a influencé ta façon de voyager ?

Complètement ! Ma façon de voyager, de découvrir, mon regard sur les choses. Mon blog me motive à aller toujours de l’avant, c’est vraiment un moteur. J’aime préparer mes visites, faire du repérage, je suis en veille constante.

・Avez-vous un abonnement téléphonique japonais ?

Oui, difficile de vivre à Tokyo sans internet. À notre arrivée, nous avons donc pris forfait avec 10go de data. C’était aussi important d’avoir un numéro téléphone pour ouvrir un compte bancaire dans le cas où on aurait besoin d’être payés en yens (comme nous, Estelle est à la Shinsei bank, la seule banque anglophone).

On a aussi une carte bancaire prépayée Revolut qui nous permet de retirer et payer sans frais. C’est gratuit, on reçoit la carte en 48h et on la recharge quand on veut (il faut juste prévoir un peu de temps avant que l’argent ne soit disponible sur la carte).

・Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ta nouvelle vie quotidienne à Tokyo ?

C’est un ensemble, j’aime la nourriture, la gentillesse des gens, la fluidité des transports, le fait de découvrir une nouvelle ville. Ici, le bonheur réside dans les petits détails du quotidien.

・Et qu’est-ce que tu aimes moins ?

La frustration de ne pas parler japonais comme j’aimerais ! Et puis je pense souvent aux tremblements de terre… Je trouve intéressant d’observer comment cette menace a conditionné la vie quotidienne ici (architecture, choix des matériaux de construction, culte de l’éphémère).

・Qu’est-ce que tu penses des Japonais ?

Je les trouve très attentifs à l’autre. Dans le métro c’est morose, personne ne parle, mais on sent qu’il y a du respect, jamais un regard de travers. Au début je pensais qu’à Tokyo, tout le monde était élégant, smart, mais en fait c’est comme partout, il y a de tout.

Si tu avais un lieu à Tokyo à conseiller aux lecteurs du blog, où est-ce que tu les enverrais ?

Chez GALALI, un izakaya (bar à tapas japonais) situé dans une maison cachée d’Harajuku (quartier de Shibuya). La carte n’est qu’en japonais, mais je suis tombée sur une serveuse qui parlait un peu anglais. On mange de délicates petites bouchées : tofu frais, poulpe frit, asperges rôties, onigiri. Je conseille de terminer le repas sur leur délicieuse soupe miso. Tous les plats sont joliment présentés, servis avec différents types de sel (blanc, vinaigré, à l’hibiscus). J’ai découvert cette bonne adresse et d’autres sur BENTO, un très bon site (en anglais).

・Un message à faire passer avant de se quitter ?

À tous ceux qui hésitent à se lancer : sautez le pas ! Je conseille tout de même d’avoir un peu de budget, c’est mieux pour vraiment profiter de son PVT et pouvoir trouver le bon équilibre entre voyage et travail. Une fois sur place : prendre le temps, découvrir, rester ouvert.

Sur son blog multi-facettes (d’où « le polyèdre »), Estelle partage ses bonnes adresses parisiennes (et désormais tokyoïtes), parle de culture, de créateurs, de voyages. Ses photos sont magnifiques, n’hésitez pas à le consulter ! http://le-polyedre.com/ 

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