Émilie, 28 ans – Tokyoïte depuis 9 mois

La première fois que j’ai rencontré Émilie, elle m’a emmenée dans un café de Shinjuku où on a bien discuté cinq heures d’affilées. La deuxième fois, c’était dans un sentō (bain public japonais) où on a de nouveau papoté, mais cette fois dans notre plus simple appareil. Émilie et son copain Kevin adorent emmener leurs amis au sentō ; une mise à nue qui amènerait à des conversations plus intimes !

・Depuis combien de temps vis-tu à Tokyo ?

Depuis le 10 novembre 2015, donc depuis presque neuf mois !

Tu parles japonais ?

Pas vraiment, je maîtrise ce que j’appelle « le langage de survie » : j’arrive à commander au restau, demander mon chemin, me présenter, comprendre une conversation générale.

Comment gagnes-tu ta vie ?

Je suis professeur particulier de Français et d’Anglais en freelance et je suis aussi assistante professeur d’Anglais dans 2 crèches où je ne parle qu’en Anglais (à défaut de parler Japonais) à des enfants qui ont entre un et quatre ans.

Quel est ton parcours ?

J’ai un Master en développement international des entreprises (je l’ai fait en alternance). J’ai décidé de partir à l’aventure immédiatement après la fin de mes études ! Je n’avais pas tout de suite envie d’une vie tranquille, j’avais besoin de prendre l’air.

Pourquoi le Japon ?

À l’origine, c’est surtout Kevin, mon copain, qui était intéressé par le Japon (et surtout le marketing japonais). Moi, j’aime bien la culture asiatique et j’étais curieuse d’en savoir plus sur le Japon, mais j’étais plus attirée par Taïwan, notamment parce que j’ai étudié le Chinois. On a donc conclu un accord : avant de passer un an en PVT au Japon, on est allés visiter la Chine, Hong-Honk et surtout Taïwan. On a voyagé vingt jours à travers la Chine, puis on a passé deux jours à Hong-Kong, avant de visiter Taïwan pendant quarante jours.

Quel a été ton ressenti quand tu es arrivée au Japon ?

Nous avons pris un vol de Taïwan au Japon, nous sommes donc arrivés par les îles du sud (Okinawa). Même si j’avais connaissance des clichés sur le Japon, je ne m’attendais à rien en particulier. J’étais surtout curieuse de découvrir le pays et de comprendre son fonctionnement. J’avoue avoir mis du temps à me remettre de Taïwan qui a vraiment été mon coup de cœur !

Est-ce que tu t’es fait des amis facilement ?

À Okinawa, nous avons vécu dans une « sharehouse » (genre de colocation gérée par un Japonais) où il n’y avait que des Japonais avec qui on a beaucoup parlé et qui nous ont donné pas mal de conseils pour la suite de notre voyage. On a même organisé une soirée crêpes avec eux ! Puis, quand on est arrivés à Tokyo, on a participé à une soirée Franco-Japonaise qui nous a aussi permis de rencontrer pas mal de gens.

Qu’est-ce que tu aimes dans la vie à Tokyo ?

La praticité ! Tout est à portée de main !

Et qu’est-ce que tu aimes moins ?

Je viens d’un village de 500 habitants, Tokyo c’est trop grand pour moi ! J’ai fait mes études à Lyon, ce type de ville me correspond mieux. Ici, quand tu veux te rendre quelque part c’est tout de suite un long trajet en métro !

Est-ce que la vie en France te manque parfois ?

Mes habitudes me manquent : j’avais mon boulanger de quartier, j’allais à vélo au marché ; tout était facile ! À Tokyo, je suis moins indépendante. Ce qui me manque aussi : un lit confortable deux places ! Avec Kevin, nous dormons chacun sur un futon une place à une hauteur différente. Nous alternons, car l’un est plus confortable que l’autre. Bien sûr, ma famille me manque : même si je ne les voyais pas souvent, c’était agréable de les savoir à proximité. Ah et mon chat (que j’ai laissé à ma mère) me manque aussi !

Qu’est-ce que tu penses des Japonais ?

Un ami m’a dit un jour « Les Japonais, c’est tout dans le paraître ». Je suis assez d’accord avec lui. Ils ont un truc qui s’appelle le « Honé – tatémahé », ce qui en gros signifie « Ce que tu penses d’un côté et ce que tu laisses paraître de l’autre ». On ne sait jamais ce qu’ils pensent, ils ne disent jamais non, c’est assez frustrant ! Par exemple, quand je demande à mes étudiants japonais si ils ont compris ce que je leur explique, ils acquiescent, puis quand je gratte un peu, je me rends compte que la plupart du temps, ils n’ont pas compris !

Sinon, je trouve la loyauté qu’ils ont envers leur entreprise franchement impressionnante !

Quel est le truc le plus fou que tu aies fait depuis que tu es au Japon ?

M’inscrire dans une agence de mannequin ! Je n’aurais jamais fait ça en France, je suis super timide.

Quel est ton budget moyen par mois ?

Je ne dépense jamais plus que ce que je gagne soit 150 000¥ (environ 1300€). Je vis avec mon copain, nous payons un loyer de 100 000¥ à deux, soit 50 000¥ chacun. Notre budget mensuel oscille entre 100 000 et 150 000¥ en fonction des mois.

・Où vis-tu à Tokyo ?

Entre Nakai et Ochiai, à deux stations de Shinjuku !

・Quel budget avais-tu prévu pour ton année de PVT ?

J’avais juste pris un billet simple pour la Chine, puis j’avais les 4500€ requis sur mon compte.

Si tu avais un lieu à Tokyo à conseiller aux lecteurs du blog, où les enverrais-tu ?

Dans un restaurant traditionnel de gyozas (raviolis vapeurs ou frits) fréquenté uniquement par des Japonais, situé à Koenji. Les gyozas sont fait à la main, il y a différentes variétés et chacune a sa sauce dédiée (note : j’ai testé, c’est simplement DÉLICIEUX).

・Où te vois-tu dans 5 ans ?

Avec Kevin, depuis qu’on a voyagé à Taïwan, on a envie d’ouvrir un café-concept ! On a déjà pas mal d’idées, il nous manque juste le budget ! Du coup, pour le moment, je ne peux absolument pas répondre à cette question !

Émilie et Kevin sont les joyeux bloggeurs de www.lavieduriz.com, où ils partagent découvertes locales et petites adresses en Asie (artisans, designer, petits cafés). Ils vous parlent des endroits non-référencés par les guides, où les touristes ne vont donc pas forcément, mais qui valent pourtant le détour !

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2 thoughts on “Émilie, 28 ans – Tokyoïte depuis 9 mois

    1. Coucou Corinne ! Bonne question, nous nous sommes rencontrées grâce à nos blogs. Émilie m’a écrit parce qu’elle a lu l’article sur Voyapon (qui recrutait d’autres rédacteurs francophones) et nous nous étions déjà parlé via Instagram sans vraiment faire le lien. 🙂
      Je t’embrasse !

      J'aime

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